Plus d’une dizaine d’années après les Etats-Unis, le modèle MSP ou Managed Service Provider commence à avoir le vent en poupe en France. Le sujet suscite énormément d’intérêt et de questions comme nous avons pu l’observer lors de la MSPCON.PARIS, 1er évènement du genre en France.

Alors là où l’on ne nous parlait que de Cloud depuis plusieurs années, pourquoi un retour vers le MSP ? De nombreux éditeurs l’ont bien compris, les prestataires ayant adopté le modèle MSP sont bien plus performants que ceux qui sont restés dans l’esprit VAR. Microsoft en tête cherche à promouvoir ce modèle dans lequel ses partenaires sortent du simple modèle de négoce d’applications Cloud pour proposer des offres complètes à forte valeur ajoutée s’appuyant sur ces briques technologiques.

L’écosystème des éditeurs américains s’étant spécialisé sur le channel MSP est en pleine effervescence comme le montre l’acquisition de Datto par Vista Equity pour plus de 1.5 Milliards de dollars, une société démarrée dans un garage en 2007 qui ne commercialise ses solutions qu’à travers son réseau de partenaires MSP. Maintenant fusionnée avec Autotask, l’entreprise compte plus de 1300 employés et une croissance insolente.

Pourquoi un tel engouement pour ce modèle ? Le revenu récurrent en fait un modèle de choix pour s’assurer un volume d’affaires en constante évolution et une valorisation des sociétés bien supérieure à la moyenne. Mais c’est avant tout la volonté de se moderniser et de changer de façon de travailler qui pousse beaucoup de VAR à s’intéresser au modèle. Quand bien même on parle de transformation digitale, nombreux sont les prestataires qui ne l’ont pas appliquée pour eux-mêmes. Avec la montée en puissance des problèmes de sécurité, des attaques de ransomwares, les prestataires informatiques sont souvent sur le fil et enfermés dans une spirale d’incidents qui les empêche de prendre le recul nécessaire.

Le métier des services informatiques reste majoritairement très artisanal avec énormément d’opérations réalisées manuellement par des techniciens ayant tous des façons de travailler différentes. L’industrialisation de la prestation de services nécessite la mise en place d’outils de production adaptés comme peut l’être une machine-outil dans l’industrie. Cet artisanat se traduit par une qualité de service inconstante et une dépendance forte sur les ressources qui détiennent souvent une large partie de la connaissance client. Assurer un niveau de prestation homogène et garantir une sécurisation optimale des parcs informatique devient problématique.

A l’heure où le chômage est au plus haut, le recrutement et la pénurie de profils qualifiés reste une des préoccupations majeures des MSP comme en témoignait Enguerrand De Carvalho, gérant du MSP AXONE Group lors de la MSPCON. L’optimisation de la production est alors essentielle pour limiter sa dépendance sur une ressource humaine qui se fait rare. Là où on devait auparavant embaucher de façon proportionnelle à sa croissance, le MSP autorise une croissance importante avec un besoin en ressources humaines minimisé. Sébastien Bertrand d’ACADIR, jeune MSP à la croissance explosive nous indiquait dans un entretien qu’il allait atteindre le chiffre d’affaire de son plus gros concurrent avec la moitié d’effectifs.

Mais qu’en pensent les clients, sont-ils réticents à ces nouvelles approches ? Aujourd’hui, les clients (et aussi les prestataires) n’ont plus peur du Cloud et sont de plus en plus habitués à des offres forfaitaires. Mais surtout leurs exigences ont évolué, ils ne veulent plus qu’on leur parle de technique et attendent une qualité de service bien supérieure avec la dépendance grandissante à l’informatique. La facturation réactive au temps passé ou les journées en mode régie ne font plus rêver les clients qui se tournent volontiers vers des offres packagées qui répondent à leurs enjeux. Il est urgent de s’intéresser au métier des clients et de transformer l’informatique en un véritable avantage compétitif.

Devant ces challenges, il est évident que tous ne réussiront pas le virage et que nombreux disparaîtront faute d’avoir su se transformer à temps. Un des facteurs clés de succès étant une implication forte du dirigeant et une véritable stratégie vers le MSP comme le rappelait Edouard Soudée, PDG d’EFISENS, MSP parisien de plus de 90 collaborateurs. Les ressources et la littérature ne manquent pas sur le sujet pour les candidats pour l’aventure MSP. 2018 verra probablement l’arrivée sur le marché de nouveaux entrants et la transformation de nombreux acteurs historiques.

 

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2018 sera l'année du MSP en France